Rien ne sert de courir

Je cours depuis toujours…

Initialement, je courais derrière le « sois sage »

le « fait plaisir »

le « sois parfaite » !

J’étais alors une petite fille blonde calme et tranquille qui faisait ce que l’on attendait d’elle, toujours ! On ne m’entendait pas. Je restais dans mon coin, ne faisait pas d’histoire. J’avais compris très tôt que je ne devais pas me faire remarquer, mon bien-être en dépendait. Alors invisible je me faisais.

Et puis j’ai couru pour être entendue, mais sans accélération juste sur du fond.

Pendant cette période, je courais derrière les bonnes notes et les médailles

mais aussi derrière les garçons…

Je courais après ma liberté, j’avais compris que seule moi pouvais aller la chercher !  

J’avais choisi la voie scolaire pour la trouver.

J’étais alors une adolescente pas très sûre d’elle, mais sûre que l’avenir serait beau et généreux. Et je me suis envolée loin de la forteresse dans laquelle je me trouvais depuis presque 18 ans.

Ma course a continué, plus difficile, se transformant en un parcours d’obstacles.

Cette fois je courais derrière le succès et j’ai trouvé des échecs.

Je courais aussi derrière l’argent que je n’avais pas en enchaînant les petits jobs.

J’ai sprinté derrière les amitiés et j’ai découvert les déceptions.

J’ai galopé après l’amour et j’ai trouvé l’égoïsme.

J’ai couru derrière moi-même et je n’ai trouvé que  le masque que j’avais sur moi depuis l’enfance.

J’étais une jeune adulte pleine d’ambition. J’ai expérimenté la vie avec ce qu’elle a de beau et de plus sombre. Le bonheur m’a souvent manqué durant cette période et comme d’un marathon j’en suis sortie fatiguée mais plus forte!

Et puis j’ai continué car on ne s’arrête pas en chemin !

Cette fois j’ai couru après le temps qui passait trop vite et qui rendait mes journées et mes années trop courtes.  

Courir pour aller chercher les enfants à l’heure.

Courir pour arriver  au travail à temps.

Courir pour trouver un peu de temps à consacrer à mon mari, ma famille, mes amis, ma maison et puis à moi… Mais non, ça, c’était trop ! Je n’avais plus de temps pour moi, les journées, même folles, ne font que 24h.

Le temps a fait grandir mes enfants et me donna mes premiers cheveux blancs.

J’étais devenue une adulte, une femme active et responsable, une amante et une maman.

J’étais heureuse et fatiguée,

j’étais heureuse et débordée…

Puis un jour, je n’étais plus !

Je n’avais plus rien à donner et j’étais trop exténuée physiquement et moralement. J’ai dû arrêter quand mon corps a flanché, un  peu avant que mon âme, ne me lâche elle aussi.

Alors j’ai arrêté de courir après toutes ses choses.

J’ai tout mis en suspens et j’ai regardé la route que j’avais parcourue.

J’ai stoppé et j’ai regardé le temps passé sans essayer de le rattraper. Mais j’ai cherché, cherché ce qui m’avait épuisé , et j’ai trouvé !

Il y avait toutes ces choses après lesquelles j’avais couru. Je l’avais fait, sans reprendre mon souffle, comme si il n’y avait pas d’autre moyen, pas d’autre issu que cette course effrénée vers l’avant. Mais ce n’était pas tout, la fatigue venait aussi de l’extérieur, de mes échecs, des relations toxiques, du stress et du trop-plein de tout…

J’ai compris que je n’avais qu’une seule vie et qu’elle était précieuse. Alors, j’ai décidé de prendre soin de moi un peu plus chaque jour. J’ai découvert que j’avais des besoins, des attentes, non dictées ni par mon éducation ni par la société.

En prenant soin de moi j’ai retrouvé la joie, le bonheur. Je me suis débarrassée de la chape de plomb qui pesait sur mes épaules et j’ai ainsi pu prendre soin des autres de nouveau.

Ce ne fut pas facile mais j’ai fini par accepter mes faiblesses et mes forces !

Alors, encore aujourd’hui, je continue à courir car cela me maintient en vie mais je m’arrête de temps en temps, je reprends mon souffle, je m’écoute et fait de moi une priorité comme tout le reste.

La vie a repris toutes ces couleurs des plus joyeuses au plus sombres.

Aujourd’hui je ne cours plus, mais et je surfe sur cet arc en ciel !

La consigne était d’écrire avec une liste de mots, que l’on avait choisi

Géraldine Vedrenne Waintraub

Amoureuse de Lecture et de littérature, j'ai décidé de passer de l'autre coté! Je me suis lancée dans un atelier d'écriture, je vous partage ici mes textes écrits en fonction de consignes qui m'ont été demandée. Je partagerais aussi quelques coups de cœurs de lecture et peut être d'autre texte!

2 réflexions sur « Rien ne sert de courir »

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