De part et d’autre du miroir

L’horloge indique 18H ! Je peux enfin sortir de cet entrepôt surchauffé par le soleil de juillet  et rentrer chez moi! Je suis bien plus enthousiaste à la soirée prévue ce soir avec mes amis que par ce job d’été! Je monte dans ma vieille Renault, allume le poste de radio, et chante à tue tête sur les tubes de l’été! 

Je prends le même trajet chaque jour pour aller travailler, je connais la moindre parcelle de bitume, je passe la place Carnot et remonte la rue Adrien Tarrade quand tout d’un coup je sens un choc, je suis projetée en avant.  Je ne contrôle plus ma voiture, elle est poussée par quelque chose! Je regarde dans mon rétroviseur et je vois deux hommes dans une vieille berline qui ricanent. Ils s’éloignent un peu, je reprends un peu la maitrise de moi et de ma voiture. Mais la scène se reproduit, ils me percutent et me poussent de nouveau. Je vois le feu rouge qui se rapproche et je ne peux pas m’arrêter, mon cœur bat à tout rompre! De nouveau le véhicule derrière a repris ses distances, je m’arrête au feu rouge! Je sens alors de nouveau un choc, mais plus fort cette fois, ma voiture est propulsée au-delà du feu. Je me vois déjà écrasée par un camion mais par chance le carrefour est vide!  Je regarde de nouveau ces hommes qui sont mort de rire, le visage du conducteur reste gravé dans ma tête l’autre je ne le vois pas, le reflet me gêne, le moteur gronde derrière moi et dans un crissement de pneu l’auto file à droite en klaxonnant. J’arrive tant bien que mal à garer ma voiture. Je suis paniquée, en larme et tremblante. Je réussi à composer le numéro de mon père sur mon portable.

« Papa, je viens de me faire percuter par deux dingues! ils m’ont poussé, enfin ils ont poussées la voiture… pendant que je roulais! Ils m’ont fait griller un feu …» ces mots sortent entre sanglots et hoquets. »

« Ils sont partis ? »

« Oui ils ont filé vers le boulevard, mais j’ai peur, je tremble, j’ai mal partout, surtout au cou! »

« Bon, essaie de te calmer et quand tu te sens mieux tu va directement  au commissariat pour déposer plainte et tiens-moi au courant, je t’aime. » et il raccroche… 

Je suis en état de choc, apeurée et seule! Après vingt bonnes minutes j’arrive à redémarrer et me dirige vers le commissariat. Je prends  la même rue que les deux voyous sans une certaine appréhension, si je les croisais de nouveau ?

Heureusement le comissariat est proche,  je sors de cette voiture flageolante avec soulagement. Je sonne à l’interphone du commissariat et on ne me laisse pas rentrer tout de suite, je dois d’abord montrer patte blanche et dire ce que je viens faire à une caméra. J’explique brièvement, la porte s’ouvre. Je rentre pour la première fois dans un commissariat, je suis apeurée, je trouve une dame en uniforme à l’accueil qui me fait raconter mon histoire, et après m’avoir écouté d’une oreille me demande de m’ asseoir dans une salle d’attente.  Un policier me demande de le suivre après une heure d’attente environ, il se présente et m’explique qu’il va prendre ma déposition. Il a une machine à écrire devant lui et tape à deux doigts ce que je lui raconte avec un manque de dextérité évident. Il m’interrompt de temps en temps pour me demander quelques précisions.

Il m’apprend au cours de l’entretien que deux suspects ont été interpellés à quelques kilomètres de mon accrochage, probablement les deux sales types qui m’ont agressé. Ils n’ont pas été bien loin avant de causer un autre accident mais cette fois qui a laissé leur voiture hors d’état de conduite ! Il m’informe qu’ils sortent de prison depuis 48H, qu’ils sont drogués et que la voiture n’est pas à eux, ils l’ont volé à un paysans la veille dans sa grange, malheureusement cette voiture n’était pas assurée, ce qui met tout le monde dans l’embarras. Il me demande si je serais capable de les reconnaître, je lui réponds que pour un je pense que oui pour l’autre non. Il est tard quand je termine ma déposition, 21H30 peut être, j’ai faim et je suis exténuée par cette horrible journée et tout le stress que j’ai eu, je sens la vacuité de mes surrénales! Le policier me demande de rester dans la salle d’attente.

J’attends un certain temps, peut être vingt ou trente minutes avant qu’ un nouveau policier s’approche de moi et me demande de le suivre. J’avance derrière lui et il m’emmène plus loin dans le commissariat, j’avance dans un dédale de couloirs pour me retrouver au coeur de l’édifice. On m’installe dans un bureau où se trouve deux autres policiers, l’un d’eux me demande si je suis d’accord pour identifier les suspects. Je me sens prise de cours, porter plainte c’est une chose mais là c’est différent je ne suis pas certaine d’avoir envie de faire cela ! J’ai peur des conséquences, si les types me voyaient? et si ils me faisaient payer cela ensuite? Et puis c’est de la délation …. je ne sais pas tout à coup, je suis perdue et très seule … que ferait mon père à ma place?  Les policiers me rassurent, les suspects ne me verront pas, cela va aider la justice et les victimes… Je me sens obligé d’accepter. En un rien de temps je me trouve derrière un miroir sans tain avec plusieurs hommes derrière. Je suis complétement effrayée et mal à l’aise, un des policiers est resté avec moi il me rassure de nouveau « personne ne peux vous voir ne vous inquiétez pas ». Derrière le miroir il y a 4 hommes dont un qui est agité et fait des gestes obscènes, c’est lui ! De le voir de nouveau mes jambes tremblent, mon estomac se serre et je me rappelle la frayeur quelques heures plutôt. J’ai l’impression qu’il me voit qu’il me regarde droit dans les yeux, qu’il sait qui il insulte ….  je le désigne et confirme que cet homme est bien celui que j’ai vu, pour l’autre je ne sais pas. Puis c’est fini, je peux partir. Je trouve seule la sortie à travers le labyrinthe de couloir, mais l’envie de me retrouver protégée dans mon lit m’aide à ne pas me perdre!

Il est minuit passé lorsque je rentre chez moi, ce soir là (et bien d’autre par la suite) je revois (et reverrais) ce visage derrière la vitre, ai-je eu raison de le dénoncer ? Pourra t’il me retrouver un jour ? Ce qui est sûre c’est que cette mésaventure me collera longtemps à la peau.

Cette seconde consigne était de faire de l’auto fiction, enfin de partir d’un événements

Géraldine Vedrenne Waintraub

Amoureuse de Lecture et de littérature, j'ai décidé de passer de l'autre coté! Je me suis lancée dans un atelier d'écriture, je vous partage ici mes textes écrits en fonction de consignes qui m'ont été demandée. Je partagerais aussi quelques coups de cœurs de lecture et peut être d'autre texte!

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